Affichage des articles dont le libellé est Récits de courses. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Récits de courses. Afficher tous les articles

2017 a déjà bien commencé avec mes premiers trails réalisés cet hiver autour de Narbonne et Béziers.

Début juin avait rendez-vous avec mon premier gros défi de l’année présentée dans une p’tite vidéo.

Dans l’univers trail, et plus particulièrement ultra-trail, il y a des courses dont les noms raisonnent comme des légendes. La plus célèbre d’entre elles est bien sur l’UTMB, et puis l’on parle aussi de la Diagonal des fous, de l’UT4M, la Montag’Hard, l’Echappée Belle et …. La 6666 Occitane.

6666 pour le dénivelé, Occitane parce qu’elle se déroule sur les terres du sud, plus précisément à quelques kilomètres au nord de mon chez moi, Béziers. C’est aussi une course sur les terres d’un des plus célèbres ultra-trailer français, Antoine Guillon, l’homme aux 15 participations à la Diagonale des Fous à la Réunion (2 ième en 2017).

En fait, il en est l’organisateur.

Les coureurs qui connaissent ces deux courses leur trouvent d’ailleurs plein de similitudes. Sur le terrain d’abord, caillouteux et cassant, et sur la difficulté, même sur une distance de « seulement » 119 km comparé au 164 Km de la Diago.
La 6666 a sa p’tite réputation.

Donc, au programme, 6666 m de D+ sur 119 Km dans le massif du Haut-Languedoc sous les premières chaleurs du sud.

C’est à 5h00 du matin que je retrouve mes camarades de galère dans le magnifique village de Roquebrun pour un départ à 6h00.

L’organisation est conviviale, Antoine Guillon est là, guide les coureurs pendant que je donne mon sac qui rejoindra la base vie de Mons.
Petit stress à 10 min du départ, impossible de verrouiller l’un de mes bâtons. Me voilà avec un bâton 3 brins qui va se désarticuler X fois durant la course avant qu’un séjour dans l’eau me permette de le bloquer.

6h00, après avoir salué la délégation de la Réunion présente sur la course, le départ est donné en musique.



Premiers Km en montée sur le bitume puis des pistes forestières. Et alors que le soleil se lève, le temps collant laisse échapper les premières gouttes de sueur, pendant que je me fais doubler par des cabris réunionnais et… un gars en claquette à velcro ! Je le retrouverai au KM 60, les pieds en sang mais toujours en course. 
Je reste septique tant qu’à la démarche mais si le règlement de course le permet, pourquoi pas.

Passage à Cabrerolles, puis pas loin du sommet de la Coquillade, sur des sentiers que je connais par cœur, c’est l’un de mes terrains de jeux à l’entrainement. En quittant Lamalou au Km 25 tous les voyants sont au vert, nous entrons dans le Haut-Languedoc. 

Km 30, je commence à discuter avec un coureur, nous échangeons quelques mots. Thomas, pompier en région parisienne fait son premier ultra et rêve de faire la CCC à Chamonix. L’ayant fait en 2012, nous voyageons 
autour du Mt-blanc en discutant , ça fait du bien. L’entente est là, nous sommes partis pour de longues heures ensemble.

En arrivant sur le plateau la moiteur est toujours là, et des orages sont annoncés.

C’est ma première course avec mes nouvelles chaussures Hoka Mafate Speed 2. Cet investissement, sur les conseils de la super équipe de Running Conseils de Béziers, est un choix pour épargner mes genoux sur un terrain très cassant, composé quasi exclusivement de chemins caillouteux. Leur confort est redoutable mais les pierres sont sans pitié, la seule douleur qui ne me lâchera pas dès le KM 40 et la descente sur Colombier sur Orb.

De nouveau sur des terrains connus. Km 45, nous entamons la première montée sur mon Caroux chéri par la gorge de Colombières, toujours aussi magnifique.



La suite est moins compliquée jusqu’au Km 73.  De longue section dans le massif de l’Espinousse, à la limite du département. Le terrain est sauvage, sec et typique de ces massifs du sud. 
Un orage violent 1h avant d’arriver au ravitaillement de Andabre, km 60, va changer l’ambiance dans une descente en terre… 




Premier coup de mou pour moi et mes pieds qui me font mal. Nous devions faire une halte de 10 min, Thomas et moi repartons au bout de 45 min, toujours sous la pluie.


Retour sur les contre fort du Caroux, passage à Douch, Km 71, avant de monter au sommet de ce massif. Les orages ayant rendu la descente de l’Esquino d’aze dangereuse, l’organisation a changé le tracé pour une descente moins piégeuse mais 100% cailloux tout de même.

La nuit commence a tombé lorsque nous entamons la dernière montée sur le Caroux, suivie d’une descente que je connais sur le bout des doigts, par le sentier des gardes. Des marches en pierres, des cailloux, des marches en pierres…

23h00 à la montre et 17h00 de course en arrivant à la base vie du Km 85, Mons.
Bonheur de manger 2 bols de soupe chaude, de mettre un cuissard et un tee-shirt propre, de masser des pieds en sale état et de faire le plein de gels et barres énergétiques. Thomas retrouve sa compagne, j’envoie mes derniers SMS de la nuit, le mental est au top.

Il reste la nuit à traverser pour les 40 derniers Km qui commence par une loooongue ligne droite sur une piste cyclable. Décision est prise de courir tout le long parce que les montées à venir ont toutes les chances de nous faire perdre du temps.

J’avais vu juste en regardant la carte et les courbes de niveau avant le départ… C’est un mur !
Thomas « tape dans le dur », il colle à mes semelles, mais je ne suis pas fier non plus, c’est raide, les cailloux glissent sous nos pieds. Le moral en prend un coup et la descente super raide qui suit derrière finira de fracasser mes pieds, je finirai par les oublier.

Nous traversons Vieussan, un village endormi au Km 96 pour attaquer un autre mur, fait d’épineux, de marches, de pièges qui va faire mal aux jambes. Après 30 min de montée, nous trouvons un coureur endormi au bord du chemin, c’est un ami de Thomas. Nous le réveillons pour faire la route ensemble. Cette montée n’en finit plus, se poursuit sur une longue piste. L’ami de Thomas craque et s’arrête pour dormir. Il nous doublera à 5 Km de l’arrivée, bien reposé à priori.

Nous rêvons du prochain ravito avant de voir tous les deux, au bout d’une ligne droite, dans un virage, une maison et deux jeunes filles en blanc, le ravitaillement est là ! …. Nous avançons …. Trop content parce que très fatigués, il est presque 5h00, l’aube pointe son nez …. Nous avançons …. Et puis …. La maison, le virage et les personnages disparaissent. Nous avons eu la même hallucination en même temps ! Incroyable. Ça nous fait bien rire mais du coup pas de ravito est donc pas de pause.


Les Km s’enchainent, la fatigue est vraiment là et les cailloux me sortent par les yeux. C'est mon second coup de mou, je ne quitte pas l'ombre de Thomas, sans lui j'aurai perdu du temps sur ces quelques Km.
Une fois le dernier sommet au Puech des Barres passé, nous trouvons enfin ce ravitaillement, il nous reste 12 Km.

Ce seront sans doute les plus rapides de la course, Thomas et moi donnons le rythme en courant à tour de rôle devant jusqu’à l’arrivée à Roquebrun !!

Nous terminons la 6666 après près de 90 Km ensemble, ça ne m’était jamais arrivé de courir aussi longtemps à 2 et ça était génial, j’ai vécu une super course grâce à toi merci !

Au bout du bout, en 26h06, 111 ième sur 208 finishers, déçu par ce classement mais fatigué, très fatigué et des pieds…. Bou, pas beaux, donc aucun regrets !

Pour moi, les cailloux du Caroux, c’est terminé pour quelques temps.

Et maintenant ? Direction le GRP. Mais à l’heure où j’écris enfin ce récit, le résultat de ce second ultra est déjà connu.




2016 sera l'année ou j'ai fait les choses à l'envers ! :-)

Début d'entraînement au mois août alors que c'est la pleine saison de Trail, et la première compétition à laquelle je participe se trouve être l'objectif majeur de cette année ! 

Un ultra de 112 Km dans les Pyrénées.
2016 est aussi l'année ou je me serais le moins préparé avant de mettre un dossard.

Me voilà donc en route pour le Trail de la Grande Traversée avec 2 petits mois de préparation suivie de 3 semaines d'arrêt sur blessure aux ischios gauches.

Si ça c'est pas de l'optimisme ! :-))

Alors au menu, une traversée entre Vernet les Bains et Argeles sur mer, 112 Km, 5500 M de D+ et 6200 M de D- en passant pas loin du Pic du Canigou. Concept original de la montagne à la mer.


Après un trajet vers Vernet en navette, nous arrivons 6 heures avant le départ dans le petit gymnase de la commune. Nous sommes moins de 200, l'ambiance est super conviviale et chacun termine la préparation des différents sacs qui seront acheminés vers les 2 bases vie du parcours et à l'arrivée.
Le temps de discuter et de casser la croûte, vient l'heure du briefing. Avec une nuit complète à courir en montagne, l'organisation n'a rien laissée au hasard et les consignes sont claires.



17h00... H -30 minutes. Tout le monde rejoint la ligne de départ dans le centre de ce superbe village de pierre.
Nous voyons passer les premiers de l'autre ultra organisé ce WE, les 100 Miles du Sud de la France. Ils empruntent le même tracé que nous mais ont déjà 50 Km dans le jambes quand ils passent à notre niveau. 

Nous sommes tous plus ou moins impatients de rejoindre la montagne et la nuit, avec pour moi un gros inconnu sur la guérison de ma blessure et l'état de mon genou gauche qui m'avait obligé, par le passé, a abandonner 2 fois sur l'UTMB. 
(Pendant le traitement de ma blessure, j'ai fait la connaissance d'un trailer de Béziers, Sébastien, qui est kiné là où je me faisais soigné. L'émotion est la même pour nous deux, même si lui a connu un départ de légende l'an dernier sur la Diagonal des Fous à la Réunion. J'en ais d'ailleurs profité pour lui faire poser les bandes de kinésiologie qui soulageront mes ischios, adducteurs et mon genou, le tout sur la même jambe !)

17h30, l'heure de vérité, teinté d’exaltation et de craintes que mes ischios me lâchent. 


La traversée du village sous les encouragements me font un bien fou. 10 mois sans compétitions, c'est trop long ! Et là en plus pour un trail de plus de 100 Km ! Trop bon, j'en profite un max.

Le départ est rapide comme toujours, l'allure est surement un peu faussée par les relais qui n'ont qu'un tiers de la distance à faire. Je laisse filer Sebastien qui a de bien meilleures jambes...
Les miennes de jambes sont là, le plaisir aussi et tant mieux nous partons par une montée de 1500 M de D+ qui nous amènera dans la nuit.

Arrivée au premier ravito, refuge des Cortalets au bout 9.7 Km et 2H20 de course.
A 2150 M d'altitude c'est le refuge sur la voie du Pic du Canigou.
La noirceur est là, la fraîcheur aussi. Certains enfilent des couches alors que je profite de cette sensation tant espérée pendant ce long été en restant en manches courtes. La frontale est allumée (il est d'ailleurs tant que je pense à la changer, elle a 11 ans !), la soupe et les fruits secs sont les bienvenues et déjà je repars impatient de passer la nuit sur les sentiers. 

Ravitaillement au Refuge des Cortalets

Rapidement, un train se créé, nous sommes 7 ou 8 à courir à la même allure, et là je retrouve ce plaisir unique de courir la nuit. Des sensations disparaissent, d'autres se renforcent. Voilà une des raisons pour lesquelles j'aime les longues distances...

La nuit... Moments
privilégiés


On ne voit pas grand chose mais l'ambiance est là

Après les 1500 M de dénivelé, nous alignons 25 Km de descente, peu technique, le terrain montagnard m'est familier. Je passe de longs moments seul, ma frontale, mon souffle et moi sommes bien. Aucun soucis physique, je surveille mon alimentation et mon hydratation et je teste sur cette course des compléments très riches en Magnésium et vitamine B6, essentiels pour éviter les crampes. 

Km 36 et 6H50 de courses, minuit passé. Première base vie à Arles sur Tech. Je récupère le sac que j'avais préparé avant le départ. Je fais le plein en gels énergétiques, en eau et après un bol de soupe chaude et moins de 10 minutes d'arrêt je repars. Je préfère ne pas trop m'éterniser et éviter ainsi de préférer la chaleur du gymnase à la fraîcheur de l’extérieur.

Même à 1H00 du matin, les bénévoles sont là pour nous donner nos sacs.
Un grand MERCI à eux !

Retour à la nuit, il reste près de 80 Km.
Suivra une montée de 700 M de D+, je prendrais le rythme à ma main et un train se formera derrière moi, personne ne voulant passer devant. Les jambes sont là, nous avalons cette bosse en tout juste 1 heure. Beau rythme compte tenue de ce qu'il reste à faire. 
Dans la descente, le terrain commence à changer, au revoir la montagne que je connais, bonjour la caillasse typique des massifs du sud. Les premiers prémisses de mon manque d'entraînement se pointent. Jambes dures et craintes d'envoyer plus et de me blesser. 
Je laisse filer tout le monde avant d'être rejoins par 3 bitérois avec qui je ferai plus de 15 Km et en particulier la bosse suivante de 900 M de D+. Un mur dans les bois et quelques répits pour 10 Km d'ascension.
Petite pause d'une minute auprès du feu de camp des gars du PGHM au sommet, il est 5h00 du matin, mes compagnons de course sont frigorifiés. 
La descente en plaques de béton entamera un peu plus les jambes et je laisse mon petit groupe à un ravitaillement au Km 63 après presque 13H de course, les pieds du plus jeune sont en sale état, je ne les reverrai plus.

J'entamerai ici les 30 Km les plus chiants du parcours. terminé les belles traces et sentiers étroits, ce sera de larges pistes sans intérêts et sans fin.

L'aube se lève et cette piste n'en finis pas. 
J'entends bien avant de la voir, l'autoroute qui passe au col du Perthus avec son flot de PL allant ou revenant d'Espagne.
Je passe au pied du fort de Bellegarde chargé de protéger la frontière au XVII ième siècle, nous sommes à moins de 400 M de l'Espagne.
Descente sur le village du Perthus, sous un viaduc d'autoroute pour la seconde base vie. Je cours depuis 15H30 et 75 Km.
Je change totalement de vêtements et ça fait du bien. Je prend le temps de manger et de faire le plein à nouveau de gels énergétiques, je n'ai aucun soucis physique et la motivation est à bloc à moins de 40 Km de l'arrivée.... Il reste à peine un marathon :-)


Passage au fort de Bellegarde

Je suis seul depuis 3H et c'est quelques temps après avoir passé la dernière montée sérieuse de ce trail que j'aurai un premier coup de moins bien. Pendant presque 2H, nous serons sur une large piste, ennuyeuse à mourir, ou on ne sait pas s'il faut courir ou marcher. Les jambes sont de plus en plus dures et la moindre petite descente devient compliquée. Là, je comprend que mes 3 semaines de coupures m'handicapent. Mais je ne suis pas blessé alors on avance !

La descente du Km 97 !
Elle, elle fera vraiment mal !
La descente la plus technique que j'ai fait depuis bien longtemps. Des roches, des marches, un tas de cailloux ou les jambes ne veulent plus se plier et ou je descend tel un impotent totalement en appuis sur les bâtons.
1H00 pour faire 5 Km de descente ! Champion du monde classe escargot !

Mais j'arrive au bout avant d'entamer les 300 derniers M de D+ et de voir vraiment l'arrivée de proche !

Il reste 8 Km, j'ai rejoins un comparse et nous nous auto-motiverons pour ne pas trop marcher sur les 4 derniers Km en goudron avant de rejoindre le bord de plage.

Instants de gloire ou les promeneurs nous salent, nous encouragent et où enfin je peux me dire que le corps à tenu. 

Les 112 Km en 23H08, je termine 36 ième sur 179 partants et 125 finishers.

Satisfait vue ma préparation, heureux que mon genou et mes ischios aient tenu, j'ai terminé sans avoir eu une seule crampe, seulement quelques ampoules. Merci à Seb, les bandes ont tenu et surement fait du bien. 
En passant, il a terminé 8 ième en 20H13, ça calme ! :-)

Je suis fin prêt pour plus long l'année prochaine !!! (mais ce n'est pas ce que je me suis dit une fois la ligne d'arrivée passée ;-)  )

Organisation sans faille, il était impossible de se perdre vue le balisage parfait (même si deux endroits ont clairement été débalisé). Le parcours est beau mais les 30 Km de pistes n'apportent rien, dommage... Les organisateurs ont surement une bonne raison de nous faire passer là, mais voilà, ça casse un peu le plaisir. Le concept de la montagne à la mer est lui génial !!!








Premier Trail de la saison dans un décor que je connais bien mais où je n’ai encore jamais fait de compétition.
Le Beaujolais, et plus précisément, dans le pays des pierres dorées.

Fin mars, l’hiver est terminé depuis 2 jours sur le calendrier et la fraîcheur au départ donne envie de courir, échauffement de rigueur.
L’ambiance sur un départ de compétition est sensiblement toujours le même, mais il y a quelque chose de particulier sur une épreuve à taille humaine dans un petit village. Convivialité et bon esprit sont les atouts maîtres.

Nous sommes un peu plus de 220 à prendre le départ pour 27 KM et 1000 M de D+.
Le tracé s’annonce rapide et cassant pour les jambes.

Plus habitué aux tracés alpins faits de longues montées et de longues descentes, c’est pour moi une découverte que d’enchaîner 6 courtes ascensions avec un si petit dénivelé. Je m’attends à une course sans instant de répit.

Départ rapide comme à chaque fois. Que ce soit sur un 20 KM ou sur un 100, le départ se fait toujours dans le rouge ! Je le sais, les autres coureurs le savent mais rien n’y fait, tous les départs sont rapides.
Très vite, j’avale la première difficulté,  tout se déroule comme je l’avais imaginé. 150 M de D+ qui se feront sans marcher et à vive allure. J’ai eu la bonne idée de mettre ma ceinture cardio alors je jette un œil de temps en temps.
Descente prudente, j’ai toujours en mémoire ma blessure 1 an avant dans une descente.

Puis vient  la seconde, et la troisième difficulté, toujours pas un mètre en marchant. Mon cardio reste sage sans dépasser les 172 bpm.

KM 12, nous entamons la plus grosse difficulté du jour. Un peu plus de 200 M de D+ droit dans la pente. Sans bâtons, l’effort change, mais ils auraient été de toute manière totalement inutile sur cette course. Mains sur les cuisses, je passe en marche rapide, nous sommes 3 ou 4 dans la même allure. Je ne décroche pas et ne me mets jamais dans le rouge.

Que du plaisir alors que j’atteins la mi-course. Les sensations sont bonnes, pas de douleurs. Mon pied est plus sûr et je me lâche en descente même si je suis à l’affut de la moindre douleur à mes adducteurs gauches. J’ai bien trouvé comment  gérer l’enchaînement des courtes montées. 

Les KM passent et à 5 KM de l’arrivée, je décide de ne surtout pas ralentir ou d’écouter mes jambes. J’avais tablé sur 03h00, si je me mets un coup de pression, je pourrais peut-être passer sous les 02h45.

Vient la dernière bosse, très courte et libératoire même si les cuisses brûlent depuis 2 KM parce que je ne veux rien lâcher.

Résultat, 02h41 et une 53 ième place sur les 204 classés. Satisfait de mon temps et de ma place.

Je me connais et je ne suis content que quand je termine dans le premier tiers mais réellement satisfait de mon résultat si je suis dans le premier quart. Là ça se joue à 3 places près mais sur ce nouveau profil de Trail pour moi, c’est un bon résultat. Le plus important étant que je ne pouvais pas faire mieux et que j’ai gérer au mieux mes jambes et mon cardio (162 bmp de moyenne).

La course s’est déroulée exactement comme je l’avais imaginé, rapide, beaucoup plus que sur un Trail dans les Alpes, cassant pour les jambes mais peu technique au niveau du terrain.

Superbe choix pour le tracé et une organisation parfaite ! Merci aux bénévoles !




J'ai parmi mes citations favorites cette phrase attribuée à Michel Audiard ou Grouchon Max, c'est selon.
"Heureux soient les fêlés car ils laisseront passer la lumière."

Et bien je me dis en écrivant ce récit plusieurs mois après la fin de cette course, que certains ont pu voir la lumière à travers moi à l'arrivée de ce qui fût la course la plus dure de ma modeste carrière de traileur amateur.


J'étais ici !!

Pour faire ça !

Course déjà bien conséquente  qui grâce à des modifications de parcours donnera à la fin un joli tracé d'un peu plus de 75 KM pour presque 5000 mètres de D+.

La Gypaète je connaissais, en 2012 où j'avais bouclé les 71 KM de l'époque en 11h50. Je tablais donc là sur une heure de plus gros max.

RDV pris au bord du lac de Thyez à 04h00 du mat ce 07 juin 2014 pour un départ  à 05h00.
Quelques changements sur le parcours par rapport à 2012, surtout sur les 30 premiers KM avec d'emblée une montée sèche de 900 m en direction de Romme/Cluses où j'ai habité presque 2 ans, et un passage au col de la Colombière.
De nouveaux sentiers à découvrir.

Je sais que ma préparation n'est vraiment pas au top après ma blessure aux Glaisins début avril qui m'a arrêté presque 6 semaines, et ma non participation aux 70 KM de la Transju'Trail. J'arrive avec pas mal de dénivelé dans les jambes mais vraiment pas assez de KM. Je fais confiance à mon expérience et surtout à mon mental.

Top départ !
Bonne idée des organisateurs que de mettre quelques KM de plat avant d'attaquer la première montée. Je pars tranquillement en essayant de ne pas me laisser embarquer par les vitesses toujours surréalistes des trails longues distances.

Nous attaquons la montée sur Romme et ce sentier que je ne connais pas va faire beaucoup de dégâts. Long, raide, vraiment très raide parfois et peu de place pour doubler.


Je manque de repères cette année sur les longues distances et même si je me sens bien, mes jambes me font déjà mal et je ne vois pas arriver le sommet.

Finalement, nous sortons du bois juste au-dessus de mon ancien châlet et je revois le panorama et l'emplacement de fou que j'avais à l'époque. 12 KM de fait.



Le petit hameau de Romme/Cluses, un petit paradis

Courte pose au ravito et nouveau changement sur le parcours. Alors que nous devions commencer la descente vers le Reposoir, les dégâts fait par les pluies nous obligent à remonter chercher un autre chemin. J'augmente le rythme, persuadé que ces faux plats montants ne dureront pas et que la descente arrivera vite, petite erreur de ma part.
C'est plus long que prévu mais je finis par voir au loin le col de la Colombière que nous passerons au KM 23 environ.
Au fond au centre, le col de la Colombière

Le carmel de la chartreuse du Reposoir (fondé en 1151) est en vue au fond de la vallée !

La toiture du Reposoir

Ravitaillement du Reposoir KM 17.
Il est temps de faire le plein de boisson et de jeter les gels consommés. Ici débute la longue montée vers la Colombière. Je la connais en partie et passe par des endroits sauvages et magnifiques à l'arrière de la montagne du Bargy. Je me sens moyen physiquement et je marche pas mal. Je mets ça sur le coup d'une gestion moyenne de mon alimentation alors je fais le plein en espérant retrouver la pêche.

Magnifique sentier sauvage

Le temps passe, je trouve cette montée interminable et un peu avant le col, je sens que la forme n'est vraiment pas là. Je me fais dépasser, impossible de remettre un coup de collier. Juste une belle fatigue générale... A 50 KM de l'arrivée !!!

Je bascule au col en me demandant bien comment je vais finir avec en plus le soleil qui commence à taper. Pas envie d'abandonner à l'étape du Chinaillon mais j'y pense quand même.

Le Chinaillon KM 33, je fais une longue pose sans m’asseoir, je bois et mange mais ça passe mal, mes gestes sont maladroits.
10 minutes plus tard je repars et sort du village avant d'attaquer la montée vers l'aiguille Verte  et ces 750 mètres de D+.
Le soleil est cuisant et même si je sors tout juste du ravito, les crampes arrivent. Adducteur gauche d'abord (ma blessure d'avril) puis le droit, pas de jaloux. Je dois m'arrêter et quand je repars, je marche avec deux barres de métal bien droites à la place des jambes, je dois avoir fière allure.

La suite se fait à l'ombre et je retrouve un peu de jus avant la suite que je connais, longue et plein sud.
Derrière mois j'entends le départ du 29 KM qui se donne au Chinaillon et je m'attends à les voir me dépasser.
Ils mettront plus de temps à me rejoindre que je ne le pensais et ça me rassure mais la différence d'allure quand les premiers passent en courant là ou je marche péniblement, fait un peu mal au moral quand même.
Bien entamé physiquement, je fais l'effort de leur laisser la trace et je monte sur le côté. 

Au fond l'arrête menant à l'aiguille Verte

La fin de la montée se transforme en calvaire, de nouveau des crampes, la chaleur m'écrase et le passage des coureurs du 29 n'en finit pas !!!
David un collègue de travail participant à l'autre course me double, frais comme un gardon, il voit bien que je suis "un peu déconstruit" !
Deux alternatives, redescendre sur le Chinaillon et fin d'exercice pour moi ou continuer et voir...
Je suis curieux alors je vais voir.

Le Chinaillon  et la chaîne des Aravis 
depuis l'aiguille Verte


Descente sur le lac de Lessy dans un peu de neige, c'est frais et agréable mais descendre en courant sur ce terrain ramène encore des crampes. Elles finiront par me quitter 10 KM plus loin.

Le Lac avant de descendre

La descente vue depuis le lac

Aussitôt au lac, remontée vers le col de Sosay. Des participants du 29 continuent de me doubler et me demandent si ça va vue ma démarche à cause des crampes. Les mollets se sont joints à la danse ce qui ne m'arrive jamais.
Je n'avance plus et les deux hémisphères de mon cerveaux se font la guerre entre la perspective d'abandonner et le refus de le faire pour une autre raison qu'une blessure comme à l'UTMB en 2007 et 2009 (et encore ! Voir le trail des Glaisins).
Je les laisse s'expliquer et je continu dans la descente. Beaucoup de neige et là où je courrais comme un chamois en 2012, je descends sur des oeufs tellement les crampes sont fortes et à répétition.


Descente du col de Sosay

En chemin vers le plateau de Cenise je retrouve, assis sur le bord du chemin, un compagnon de galère. Nous ferons route ensemble en se motivant l'un l'autre avant qu'il ne me dépose littéralement à 18 KM de l'arrivée pour finir loin devant. 


Nous traversons ensemble ce plateau en courant et en se disant que seul, nous aurions probablement marché. Courte descente avant la montée vers le plateau de Solaison. Nous choisissons d'attendre le gros ravito de Solaison pour décider de la suite. Il y a la-bas la possibilité de venir se faire chercher en voiture.

Trop simple !!


10 minutes de pause où chacun sait très bien qu'il n'abandonnera plus et nous attaquons la pointe d'Andey qui rendu à cette état de fatigue, nous semble un mur. Le moral est là, la forme plus du tout mais les crampes me foutent la paix.


Du sommet d'Andey, vue sur l'aiguille Verte

Au sommet il reste environ 23 KM et 2 belles montées, je ne vois plus de raison d'abandonner et je me résigne à ne pas faire le temps que je voulais.

Descente sur Brison puis remontée sur Malatrait où mon compagnon retrouvera ses jambes et poursuivra seul. 
Merci à toi Jackie !! 
Descente sur le Mt-Saxonnex où je prends un bon coup de barre à cause de la chaleur sur le goudron.
Au ravitaillement, je vois la navette redescendre les abandons, les visages sont défaits mais je préfère continuer à seulement 16 KM de l'arrivée. Je reprend la route direction le lac Bénit, un endroit magnifique.
Je longe tranquillement un ruisseau profitant de ce moment et du plaisir à venir de terminer cette course.




David mon collègue m’envoie alors un SMS.


Je ne connais pas cette montée alors je me méfie. Elle s'avérera encore plus redoutable que méchante !
Un mur !!! 

Court mais violent où je vais perdre un temps de fou en marchant comme une tortue mais sans m'arrêter.
Ce passage laissera des souvenirs si jamais il y a une prochaine fois, mais j'en ai finis avec les montées.

Arrivée au lac Bénit. C'est toujours aussi beau et je sais qu'il ne me reste que 10 KM et 1000 mètres de D-




J'attaque la descente que je connais par coeur. Elle est boueuse, piégeuse mais je n'ai plus mal.



Une fois dans la ville de Marnaz, il ne me reste plus que 2 KM de route pour finalement franchir la ligne d'arrivée, heureux, au bout physiquement et bien conscient que là, je suis allé au bout, jusqu'au bout !!!

Au final une 50 ième place sur 77 arrivés (mon plus mauvais classement), et 62 abandons ce qui marque la difficulté de cette course.

Le tout en 15 h 00 et 32 secondes !

Tracé magnifique, organisation aux p'tits oignons et bénévoles tous souriants !!!
Un super et superbe trail !!!

Pour la petite histoire, cette contre performance m'a dissuadé de faire la Montagn'Hard un mois plus tard.
Course à laquelle je suis pourtant inscrit, mais qui offre un programme bien plus difficile que la Gypaète (107 KM et 8800 mètres de D+).
Fin de saison prématurée pour moi mais sans regret.
Rendez-vous en 2015 !!!

Et.... Un Gypaète ou plus exactement un Gypaète barbu, c'est ça !!


















Météo de Béziers (34)

Météo de Chamonix (74)