J'ai parmi mes citations favorites cette phrase attribuée à Michel Audiard ou Grouchon Max, c'est selon.
"Heureux soient les fêlés car ils laisseront passer la lumière."
Et bien je me dis en écrivant ce récit plusieurs mois après la fin de cette course, que certains ont pu voir la lumière à travers moi à l'arrivée de ce qui fût la course la plus dure de ma modeste carrière de traileur amateur.
J'étais ici !!
Pour faire ça !
Je manque de repères cette année sur les longues distances et même si je me sens bien, mes jambes me font déjà mal et je ne vois pas arriver le sommet.
Finalement, nous sortons du bois juste au-dessus de mon ancien châlet et je revois le panorama et l'emplacement de fou que j'avais à l'époque. 12 KM de fait.
Courte pose au ravito et nouveau changement sur le parcours. Alors que nous devions commencer la descente vers le Reposoir, les dégâts fait par les pluies nous obligent à remonter chercher un autre chemin. J'augmente le rythme, persuadé que ces faux plats montants ne dureront pas et que la descente arrivera vite, petite erreur de ma part.
C'est plus long que prévu mais je finis par voir au loin le col de la Colombière que nous passerons au KM 23 environ.
Descente sur le lac de Lessy dans un peu de neige, c'est frais et agréable mais descendre en courant sur ce terrain ramène encore des crampes. Elles finiront par me quitter 10 KM plus loin.
Aussitôt au lac, remontée vers le col de Sosay. Des participants du 29 continuent de me doubler et me demandent si ça va vue ma démarche à cause des crampes. Les mollets se sont joints à la danse ce qui ne m'arrive jamais.
Je n'avance plus et les deux hémisphères de mon cerveaux se font la guerre entre la perspective d'abandonner et le refus de le faire pour une autre raison qu'une blessure comme à l'UTMB en 2007 et 2009 (et encore ! Voir le trail des Glaisins).
Je les laisse s'expliquer et je continu dans la descente. Beaucoup de neige et là où je courrais comme un chamois en 2012, je descends sur des oeufs tellement les crampes sont fortes et à répétition.
En chemin vers le plateau de Cenise je retrouve, assis sur le bord du chemin, un compagnon de galère. Nous ferons route ensemble en se motivant l'un l'autre avant qu'il ne me dépose littéralement à 18 KM de l'arrivée pour finir loin devant.
Nous traversons ensemble ce plateau en courant et en se disant que seul, nous aurions probablement marché. Courte descente avant la montée vers le plateau de Solaison. Nous choisissons d'attendre le gros ravito de Solaison pour décider de la suite. Il y a la-bas la possibilité de venir se faire chercher en voiture.
Trop simple !!
10 minutes de pause où chacun sait très bien qu'il n'abandonnera plus et nous attaquons la pointe d'Andey qui rendu à cette état de fatigue, nous semble un mur. Le moral est là, la forme plus du tout mais les crampes me foutent la paix.
Je longe tranquillement un ruisseau profitant de ce moment et du plaisir à venir de terminer cette course.
David mon collègue m’envoie alors un SMS.
Je ne connais pas cette montée alors je me méfie. Elle s'avérera encore plus redoutable que méchante !
Un mur !!!
Court mais violent où je vais perdre un temps de fou en marchant comme une tortue mais sans m'arrêter.
Ce passage laissera des souvenirs si jamais il y a une prochaine fois, mais j'en ai finis avec les montées.
Arrivée au lac Bénit. C'est toujours aussi beau et je sais qu'il ne me reste que 10 KM et 1000 mètres de D-
J'attaque la descente que je connais par coeur. Elle est boueuse, piégeuse mais je n'ai plus mal.
Le tout en 15 h 00 et 32 secondes !
"Heureux soient les fêlés car ils laisseront passer la lumière."
Et bien je me dis en écrivant ce récit plusieurs mois après la fin de cette course, que certains ont pu voir la lumière à travers moi à l'arrivée de ce qui fût la course la plus dure de ma modeste carrière de traileur amateur.
J'étais ici !!
Pour faire ça !
Course déjà bien conséquente qui grâce à des modifications de parcours donnera à la fin un joli tracé d'un peu plus de 75 KM pour presque 5000 mètres de D+.
La Gypaète je connaissais, en 2012 où j'avais bouclé les 71 KM de l'époque en 11h50. Je tablais donc là sur une heure de plus gros max.
RDV pris au bord du lac de Thyez à 04h00 du mat ce 07 juin 2014 pour un départ à 05h00.
Quelques changements sur le parcours par rapport à 2012, surtout sur les 30 premiers KM avec d'emblée une montée sèche de 900 m en direction de Romme/Cluses où j'ai habité presque 2 ans, et un passage au col de la Colombière.
De nouveaux sentiers à découvrir.
Je sais que ma préparation n'est vraiment pas au top après ma blessure aux Glaisins début avril qui m'a arrêté presque 6 semaines, et ma non participation aux 70 KM de la Transju'Trail. J'arrive avec pas mal de dénivelé dans les jambes mais vraiment pas assez de KM. Je fais confiance à mon expérience et surtout à mon mental.
Top départ !
La Gypaète je connaissais, en 2012 où j'avais bouclé les 71 KM de l'époque en 11h50. Je tablais donc là sur une heure de plus gros max.
RDV pris au bord du lac de Thyez à 04h00 du mat ce 07 juin 2014 pour un départ à 05h00.
Quelques changements sur le parcours par rapport à 2012, surtout sur les 30 premiers KM avec d'emblée une montée sèche de 900 m en direction de Romme/Cluses où j'ai habité presque 2 ans, et un passage au col de la Colombière.
De nouveaux sentiers à découvrir.
Je sais que ma préparation n'est vraiment pas au top après ma blessure aux Glaisins début avril qui m'a arrêté presque 6 semaines, et ma non participation aux 70 KM de la Transju'Trail. J'arrive avec pas mal de dénivelé dans les jambes mais vraiment pas assez de KM. Je fais confiance à mon expérience et surtout à mon mental.
Top départ !
Bonne idée des organisateurs que de mettre quelques KM de plat avant d'attaquer la première montée. Je pars tranquillement en essayant de ne pas me laisser embarquer par les vitesses toujours surréalistes des trails longues distances.
Nous attaquons la montée sur Romme et ce sentier que je ne connais pas va faire beaucoup de dégâts. Long, raide, vraiment très raide parfois et peu de place pour doubler.
Nous attaquons la montée sur Romme et ce sentier que je ne connais pas va faire beaucoup de dégâts. Long, raide, vraiment très raide parfois et peu de place pour doubler.
Je manque de repères cette année sur les longues distances et même si je me sens bien, mes jambes me font déjà mal et je ne vois pas arriver le sommet.
Finalement, nous sortons du bois juste au-dessus de mon ancien châlet et je revois le panorama et l'emplacement de fou que j'avais à l'époque. 12 KM de fait.
Le petit hameau de Romme/Cluses, un petit paradis
C'est plus long que prévu mais je finis par voir au loin le col de la Colombière que nous passerons au KM 23 environ.
Au fond au centre, le col de la Colombière
Le carmel de la chartreuse du Reposoir (fondé en 1151) est en vue au fond de la vallée !
La toiture du Reposoir
Ravitaillement du Reposoir KM 17.
Il est temps de faire le plein de boisson et de jeter les gels consommés. Ici débute la longue montée vers la Colombière. Je la connais en partie et passe par des endroits sauvages et magnifiques à l'arrière de la montagne du Bargy. Je me sens moyen physiquement et je marche pas mal. Je mets ça sur le coup d'une gestion moyenne de mon alimentation alors je fais le plein en espérant retrouver la pêche.
Il est temps de faire le plein de boisson et de jeter les gels consommés. Ici débute la longue montée vers la Colombière. Je la connais en partie et passe par des endroits sauvages et magnifiques à l'arrière de la montagne du Bargy. Je me sens moyen physiquement et je marche pas mal. Je mets ça sur le coup d'une gestion moyenne de mon alimentation alors je fais le plein en espérant retrouver la pêche.
Magnifique sentier sauvage
Le temps passe, je trouve cette montée interminable et un peu avant le col, je sens que la forme n'est vraiment pas là. Je me fais dépasser, impossible de remettre un coup de collier. Juste une belle fatigue générale... A 50 KM de l'arrivée !!!
Je bascule au col en me demandant bien comment je vais finir avec en plus le soleil qui commence à taper. Pas envie d'abandonner à l'étape du Chinaillon mais j'y pense quand même.
Le Chinaillon KM 33, je fais une longue pose sans m’asseoir, je bois et mange mais ça passe mal, mes gestes sont maladroits.
10 minutes plus tard je repars et sort du village avant d'attaquer la montée vers l'aiguille Verte et ces 750 mètres de D+.
Je bascule au col en me demandant bien comment je vais finir avec en plus le soleil qui commence à taper. Pas envie d'abandonner à l'étape du Chinaillon mais j'y pense quand même.
Le Chinaillon KM 33, je fais une longue pose sans m’asseoir, je bois et mange mais ça passe mal, mes gestes sont maladroits.
10 minutes plus tard je repars et sort du village avant d'attaquer la montée vers l'aiguille Verte et ces 750 mètres de D+.
Le soleil est cuisant et même si je sors tout juste du ravito, les crampes arrivent. Adducteur gauche d'abord (ma blessure d'avril) puis le droit, pas de jaloux. Je dois m'arrêter et quand je repars, je marche avec deux barres de métal bien droites à la place des jambes, je dois avoir fière allure.
La suite se fait à l'ombre et je retrouve un peu de jus avant la suite que je connais, longue et plein sud.
Derrière mois j'entends le départ du 29 KM qui se donne au Chinaillon et je m'attends à les voir me dépasser.
Ils mettront plus de temps à me rejoindre que je ne le pensais et ça me rassure mais la différence d'allure quand les premiers passent en courant là ou je marche péniblement, fait un peu mal au moral quand même.
Bien entamé physiquement, je fais l'effort de leur laisser la trace et je monte sur le côté.
La suite se fait à l'ombre et je retrouve un peu de jus avant la suite que je connais, longue et plein sud.
Derrière mois j'entends le départ du 29 KM qui se donne au Chinaillon et je m'attends à les voir me dépasser.
Ils mettront plus de temps à me rejoindre que je ne le pensais et ça me rassure mais la différence d'allure quand les premiers passent en courant là ou je marche péniblement, fait un peu mal au moral quand même.
Bien entamé physiquement, je fais l'effort de leur laisser la trace et je monte sur le côté.
Au fond l'arrête menant à l'aiguille Verte
La fin de la montée se transforme en calvaire, de nouveau des crampes, la chaleur m'écrase et le passage des coureurs du 29 n'en finit pas !!!
David un collègue de travail participant à l'autre course me double, frais comme un gardon, il voit bien que je suis "un peu déconstruit" !
Deux alternatives, redescendre sur le Chinaillon et fin d'exercice pour moi ou continuer et voir...
Je suis curieux alors je vais voir.
David un collègue de travail participant à l'autre course me double, frais comme un gardon, il voit bien que je suis "un peu déconstruit" !
Deux alternatives, redescendre sur le Chinaillon et fin d'exercice pour moi ou continuer et voir...
Je suis curieux alors je vais voir.
Le Chinaillon et la chaîne des Aravis
depuis l'aiguille Verte
Le Lac avant de descendre
La descente vue depuis le lac
Je n'avance plus et les deux hémisphères de mon cerveaux se font la guerre entre la perspective d'abandonner et le refus de le faire pour une autre raison qu'une blessure comme à l'UTMB en 2007 et 2009 (et encore ! Voir le trail des Glaisins).
Je les laisse s'expliquer et je continu dans la descente. Beaucoup de neige et là où je courrais comme un chamois en 2012, je descends sur des oeufs tellement les crampes sont fortes et à répétition.
En chemin vers le plateau de Cenise je retrouve, assis sur le bord du chemin, un compagnon de galère. Nous ferons route ensemble en se motivant l'un l'autre avant qu'il ne me dépose littéralement à 18 KM de l'arrivée pour finir loin devant.
Nous traversons ensemble ce plateau en courant et en se disant que seul, nous aurions probablement marché. Courte descente avant la montée vers le plateau de Solaison. Nous choisissons d'attendre le gros ravito de Solaison pour décider de la suite. Il y a la-bas la possibilité de venir se faire chercher en voiture.
Trop simple !!
10 minutes de pause où chacun sait très bien qu'il n'abandonnera plus et nous attaquons la pointe d'Andey qui rendu à cette état de fatigue, nous semble un mur. Le moral est là, la forme plus du tout mais les crampes me foutent la paix.
Du sommet d'Andey, vue sur l'aiguille Verte
Au sommet il reste environ 23 KM et 2 belles montées, je ne vois plus de raison d'abandonner et je me résigne à ne pas faire le temps que je voulais.
Descente sur Brison puis remontée sur Malatrait où mon compagnon retrouvera ses jambes et poursuivra seul. Merci à toi Jackie !!
Descente sur le Mt-Saxonnex où je prends un bon coup de barre à cause de la chaleur sur le goudron.
Au ravitaillement, je vois la navette redescendre les abandons, les visages sont défaits mais je préfère continuer à seulement 16 KM de l'arrivée. Je reprend la route direction le lac Bénit, un endroit magnifique.Descente sur Brison puis remontée sur Malatrait où mon compagnon retrouvera ses jambes et poursuivra seul. Merci à toi Jackie !!
Descente sur le Mt-Saxonnex où je prends un bon coup de barre à cause de la chaleur sur le goudron.
Je longe tranquillement un ruisseau profitant de ce moment et du plaisir à venir de terminer cette course.
Un mur !!!
Court mais violent où je vais perdre un temps de fou en marchant comme une tortue mais sans m'arrêter.
Ce passage laissera des souvenirs si jamais il y a une prochaine fois, mais j'en ai finis avec les montées.
Arrivée au lac Bénit. C'est toujours aussi beau et je sais qu'il ne me reste que 10 KM et 1000 mètres de D-
Une fois dans la ville de Marnaz, il ne me reste plus que 2 KM de route pour finalement franchir la ligne d'arrivée, heureux, au bout physiquement et bien conscient que là, je suis allé au bout, jusqu'au bout !!!
Au final une 50 ième place sur 77 arrivés (mon plus mauvais classement), et 62 abandons ce qui marque la difficulté de cette course.
Le tout en 15 h 00 et 32 secondes !
Tracé magnifique, organisation aux p'tits oignons et bénévoles tous souriants !!!
Un super et superbe trail !!!
Un super et superbe trail !!!
Pour la petite histoire, cette contre performance m'a dissuadé de faire la Montagn'Hard un mois plus tard.
Course à laquelle je suis pourtant inscrit, mais qui offre un programme bien plus difficile que la Gypaète (107 KM et 8800 mètres de D+).
Course à laquelle je suis pourtant inscrit, mais qui offre un programme bien plus difficile que la Gypaète (107 KM et 8800 mètres de D+).
Fin de saison prématurée pour moi mais sans regret.
Rendez-vous en 2015 !!!
Et.... Un Gypaète ou plus exactement un Gypaète barbu, c'est ça !!